Marche : comprendre les caractéristiques de la foulée pour améliorer ses performances.

Marcher, sans problème de santé particulier, c'est instinctif. Avancer un pied devant de l’autre pour rejoindre votre point d’arrivée sans avoir à penser à la technique de chaque pose de pied est automatique. Et pourtant...la marche est un processus complexe qu’il est intéressant de comprendre pour améliorer ces performances.

Marcher est un mouvement alternatif de succession de cycles identiques permettant de mouvoir le corps dans le sens du déplacement. Instinctivement, exactement comme le passage de la marche à la course, le pattern de la marche est effectué de manière à être le plus économe possible.
Le cycle de marche, comprenant deux pas (ou deux foulées), est une succession de phase unipodale (seul un pied est en contact avec le sol) et bipodale (les deux pieds sont en contact avec le sol).

Lorsque vous êtes en appui sur la jambe droite, vous avez une phase dite “d’oscillation gauche”. Phase durant laquelle votre jambe gauche se décolle du sol pour venir se reposer devant vous.
C’est durant cette phase que votre équilibre est le plus précaire. Votre corps doit compenser le manque d’un appui en supportant tout le poids de votre corps sur l’autre appui (le droit en l'occurrence).
Puis dès que vous posez le pied gauche au sol et que votre pied droit se décolle du sol, vous êtes alors en appui unipodal gauche avec une phase d’oscillation à droite (schéma de Viel, 2000).
La marche est donc par définition l’absence de phase de suspension. La phase de suspension étant la phase durant laquelle aucun des appuis ne touche le sol. C’est la caractéristique principale de la course, se différenciant ainsi de la marche.

Concentrons-nous maintenant sur votre centre de gravité.
Lors d’un cycle, votre centre de gravité (situé quelques centimètres en avant de votre 3ème vertèbre lombaire chez l’Homme en position debout sur ses 2 pieds) aura donc une légère oscillation de droite à gauche (synchronisée avec les phases d’oscillation décrite plus haute). Mais également une légère oscillation de haut en bas, avec son sommet au milieu de la phase unipodale et son point le plus bas au milieu de la phase bipodale.

Et comment améliorer mes performances ?

Le mouvement de la marche athlétique diffère également de la marche de tous les jours. Le règlement en compétition impose que la jambe soit tendue lorsqu’elle passe sous le bassin et que les deux pieds en doivent jamais être décollé du sol en même temps.
--> Donc, pour accélérer votre cadence et améliorez votre pas de marche rapide, il est donc primordiale de travailler la pose du pied et plus précisément du talon à chaque pas tout en se concentrant ensuite sur le déroulé complet du pied en poussant jusqu’au “bout des orteils” .

J’espère que vous comprenez maintenant mieux pourquoi la marche est considérée comme un mouvement difficile à acquérir même si aujourd’hui, elle vous paraît instinctive !!

Suite au prochain épisode ...

Hélène PETOT
Ingénieur recherche et développement DECATHLON SportsLAB Docteur en physiologie de l’exercice pour la performance et la santé