Le syndrome de l'essuie-glace chez le cycliste : comment l'éviter ?

Connaître cette blessure et le meilleur moyen de ne pas l’avoir.

Les blessures chez les cyclistes

Allez, pour commencer cette nouvelle année, je vous souhaite une excellente année 2018, faite, je l’espère, d’une multitudes de belles sorties… et sans aucune blessure ! D'ailleurs on en parle, au moins comme ça, ça serait fait !

Très cher cycliste, sachez que la grande majorité  de vos blessures sont à cause d’une chute.
Et dans ce cas, les blessures vont du simple hématome plus communément appelé “le bleu”: couleurs provoqué par le sang sorti des vaisseaux sanguins lésé par le choc et accumulé sous la peau. Jusqu’à une dislocation de l’épaule, une fracture de l’os de la clavicule (os situé à l’avant de l’épaule) et/ou une entorse des poignets.

Je ne vous parlerai pas plus précisément dans cet article de ces blessures car j’ai fait le choix de vous parler d’une blessure plus courante, plus insidieuse et malheureusement plus compliquée à guérir: j’ai nommé le syndrôme de l’essui glace….Je suis sur que cela vous parle.

Le syndrome de l'essuie-glace : définition

Le nom “scientifique” du syndrome de essuie-glace est le syndrome de la bandelette ilio-tibiale.
La bandellette ilio-tibiale est en réalité un tendon. Un tendon est un lien qui relie un muscle à un os. Un muscle peut avoir un ou plusieurs tendons et donc être relié à un ou plusieurs os en même temps. Le rôle principal d’un tendon est de transmettre la force du muscle à l’os sur lequel il est attaché et permet ainsi de déplacer un os.
En résumer, dès que le muscle se contracte et se raccourcie, cela tire sur le tendon, qui tire sur l’os et le déplace. Ne confondez pas un tendon avec un ligament. Un ligament est également un lien mais entre 2 os. Les ligaments ont pour rôle principal le maintien et la stabilité des articulations.

Revenons à notre bandelette ilio-tibiale. Cette bandelette est le tendon d’un muscle qui s’appelle “le tenseur du fascia lata”. Ce muscle se situe sur la face externe de la cuisse. Il s'insère, en haut, au niveau de l’os de la hanche et se termine, par une grosse bande fibreuse, sur le tibia. Ainsi, il longe toute la cuisse et le genou, sur la face externe latérale.

Lorsque vous marchez, courez ou pédalez, vous pliez le genou, ce qui provoque normalement un mouvement d’avant en arrière (mouvement d’essuie-glace) de ce muscle donc du tendon. Là ou ce mouvement devient douloureux, c’est quand ce tendon frotte à chaque passage sur une tubérosité (une bosse) sur le côté de l’os du fémur. Dans ce cas, ce frottement provoque une inflammation du tendon et donc la douleur.

Cette inflammation est donc provoquée par le mouvement répété de la flexion/extension de votre genou. Elle apparaît le plus souvent au départ pendant la pratique et disparaît dès que vous arrêtez de faire du vélo. Si vous faites un autre sport qui ne provoque pas ce mouvement répété (type: le sport collectif), vous pourrez ne pas avoir de douleurs. En revanche, il y a de fortes chances pour que vous ressentiez cette douleurs si vous faites de la course à pied, ou de la marche. Ce sont 2 pratiques qui provoquent le même mouvement cyclique de flexion/extension du genou.

Quelles sont les causes et comment l'éviter ?

Les causes peuvent être multiples: une surcharge d'entraînement, une mauvaise posture sur le vélo, des cale pied mal réglé, un déséquilibre postural et musculaire, un mouvement inadapté ….Mais dans tous les cas, sachez que cette blessure est mesquine car elle apparaîtra progressivement. Mais, si vous n’y prêtez pas attention tout de suite, elle s'aggravera au cours du temps. Et plus vous attendrez pour la soigner et plus vous aurez du mal à vous en débarrassez car non… elle ne passe pas toute seule.

La première chose à faire dès que vous commencez à ressentir une douleur dans cette zone est le repos. Puis, l’avis d’un médecin est nécessaire pour vous prescrire des séances de kinésithérapie par exemple, une consultation d’un podologue… et une reprise progressive de la pratique quand cela sera possible.

Pour résumer, mon conseil:  dès que vous avez une douleur, ne forcez pas, arrêtez-vous ! Il est préférable de vous arrêter une semaine plutôt que de poursuivre et de risquer un arrêt de plusieurs mois.

Vous êtes parés désormais ! A très vite et BONNE ANNEE ! :)

Hélène PETOT
Ingénieur recherche et développement DECATHLON SportsLAB Docteur en physiologie de l’exercice pour la performance et la santé