La tendinite du talon d'achille chez le coureur : comment l'éviter ?

Connaître cette blessure et le meilleur moyen de ne pas l’avoir !

Les blessures chez les coureurs

Allez, pour commencer cette nouvelle année, je vous souhaite une excellente année 2018, faite, je l’espère, d’une multitudes de belles courses… et sans aucune blessure ! Donc parlons-en, au moins comme ça, ça serait fait !

La majorité des blessures du runners se trouve sur les membres inférieurs sauf en cas de chute.
Et dans ce cas, c’est plutôt les doigts et les poignets qui prendront en premier. Revenons aux blessures courantes, il existe différentes blessures musculaires, tendineuses et ligamentaires, insidieuses, arrivant malheureusement sans choc ni traumatisme mais extrêmement gênantes car elles provoquent des douleurs et obligent, le plus souvent, l’arrêt parfois prolongé de la pratique pour être guéries.
L’une des plus courantes est la tendinite du tendon d’Achille.

Le tendon d'Achille, c'est quoi ? Et à quoi ça sert ?

Un tendon est un lien qui relie un muscle à un os.
Un muscle peut avoir un ou plusieurs tendons et donc être relié à un ou plusieurs os en même temps. Le rôle principal d’un tendon est de transmettre la force du muscle à l’os sur lequel il est attaché et permet ainsi de déplacer un os. En résumé, dès que le muscle se contracte et se raccourcie, cela tire sur le tendon, qui tire sur l’os et le déplace.
Ne confondez pas un tendon avec un ligament. un ligament est également un lien mais entre 2 os. Les ligaments ont pour rôle principal le maintien et la stabilité des articulations.

Mais revenons à notre tendon ! Le tendon d’achille est le nom commun (venant de la légende du héros grec Achille) donné au tendon calcanéen (vient du terme calcanéum, nom de l’os du talon sur lequel vient s’accrocher le tendon). Il se trouve à l’arrière de la jambe et est le prolongement de 3 muscles se trouvant dans la loge postérieur de la jambe, appelé aussi le mollet. Les noms scientifiques de ces muscles sont les gastrocnémiens internes et externes (ce sont eux que vous sentez quand vous parlez de vos muscles du mollet) et d’un autre muscle plus profond appelé le muscle soléaire. Lorsque vous contractez ces 3 muscles, cela tire sur le tendon d'Achille qui se raccourcit provoquant un soulèvement du talon du sol quand vous avez le pied au sol. C’est ce que vous faites lorsque vous vous mettez sur la pointe des pieds mais c’est aussi la contraction que vous faites quand en fin de foulée vous poussez sur votre pied pour garder votre vitesse et relancer votre jambe vers l’avant.

La tendinite : définition et causes

Une tendinite est une inflammation de ce tendon. Cette inflammation est douloureuse et c’est souvent grâce à cette douleur que vous la détectez. Vous aurez dans un premier temps mal après une sortie en refroidissant, puis si vous continuez à courir malgré votre douleur, vous aurez mal au repos, le matin,  puis dernière phase, en permanence jusqu’à provoquer chez vous une boiterie partielle ou permanente. Dans ce cas, il est urgent de consulter un spécialiste car le risque extrême est la rupture de ce tendon ! Et là c’est opération puis 6 semaines de plâtre et rééducation pendant plusieurs semaines.

Pour éviter le pire, il est donc intéressant de comprendre les causes de cette blessures. Elles sont multiples et peuvent être présentes en même temps :l’augmentation rapide du nombre de kilomètres parcourus, le surentraînement, la fatigue, une technique inadaptée, une modification des habitudes d’entraînement, un changement de terrain, de matériel, des chaussures inadéquates, des troubles de la postures entraînant des déséquilibres de la marche, des problèmes médicaux ... Tous ces paramètres sont donc à garder en tête et à suivre avec attention.

La tendinite est malheureusement une blessure courante et insidieuse car elle apparaît progressivement mais si vous n’y prêtez pas attention tout de suite, elle s'aggrave au cours du temps. Plus vous attendrez pour la soigner et plus vous aurez du mal à vous en débarrassez car non… elle ne passe pas toute seule.

Que faire si j'ai mal ?

La première chose à faire dès que vous commencez à ressentir une douleur dans cette zone est le repos. Puis, l’avis d’un médecin est nécessaire pour vous prescrire des séances de kinésithérapie par exemple, une consultation d’un podologue… et une reprise progressive de la pratique quand cela sera possible.

Pour résumer, mon conseil:  dès que vous avez une douleur, ne forcez pas, arrêtez-vous ! il est préférable de vous arrêter une semaine plutôt que de poursuivre et de risquer un arrêt de plusieurs mois.

Vous êtes parés désormais ! A très vite et BONNE ANNEE ! :)

Hélène PETOT
Ingénieur recherche et développement DECATHLON SportsLAB Docteur en physiologie de l’exercice pour la performance et la santé